Appareils auditifs : l’Autorité de la concurrence énonce des solutions pour faire baisser les prix

appareil auditif

Le marché de l’audioprothèse pèse aujourd’hui plus d’un milliard d’euros, mais l’on constate tout de même un sous-équipement des Français dû aux prix exorbitants des solutions auditives proposées actuellement sur le marché. L’Autorité de la concurrence s’est notamment auto-saisie du dossier et devrait proposer sous peu des solutions au problème.

Un marché en or, mais inaccessible au grand public

En février dernier, l’autorité de la concurrence s’est auto-saisie du dossier des audioprothèses. Le constat est sans appel : les Français sont sous-équipés et le coût des appareillages est définitivement trop élevé. Son étude a débouché sur la publication d’un bilan d’étape le 19 juillet dernier qui comprenait une cinquantaine de questions ouvertes au grand public. Un bilan définitif devrait ensuite être partagé à la fin de l’année et inclure des solutions au problème actuel de prix.

L’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a également noté le même problème, car dans une étude publiée au mois de septembre de l’année dernière, elle avait décrit le secteur des audioprothèse comme un marché qui ne prend pas en considération les malentendants. Elle y dénonce les pratiques des professionnels du secteur de l’audioprothèse à savoir le coût des prestations des audioprothésistes et la vente liée à l’appareil en elle-même.

Quid des remboursements de l’Assurance maladie ?

Les remboursements proposés par l’Assurance maladie sont insuffisants alors que cela devrait compter parmi les prestations de santé prioritaires. L’assurance santé complémentaire, censée rétablir la balance, ne compense même pas les faiblesses de l’assurance maladie. UFC-Que Choisir notait dans une étude publiée l’année dernière que l’appareillage n’est pris en charge qu’à hauteur de 120€ par assurance maladie avec un remboursement complémentaire de 350€ par la complémentaire santé. Cependant, le prix moyen des prothèses auditives est de 1 550€ par oreille et le reste à payer est définitivement trop élevé. En somme, pour espérer bénéficier d’un appareillage de choix, il faudra compter dans les 2 000€, ce qui n’est définitivement pas à la portée de tout le monde.

C’est d’ailleurs à cause de ces prix exorbitants que seuls deux tiers des 3 millions de Français appareillables bénéficient actuellement d’une prothèse adaptée à leurs troubles auditifs. Contrairement à ses voisins allemands et italiens, la France est à la traine. En effet, le niveau de remboursement de l’Assurance maladie dans ces pays est nettement plus élevé et il l’est encore plus au Royaume-Uni ainsi qu’en Norvège et au Danemark.

Comment faire baisser les coûts ?

L’Autorité de la concurrence recherche des solutions qui permettent de réduire efficacement les coûts des appareils auditifs. Pour rappel, six fabricants se partagent actuellement le marché de l’audioprothèse français et le prix des solutions auditives varie de 250 à 450€ pour les appareils haut de gamme.  Pour rétablir l’équilibre, l’Autorité de la concurrence prévoit de favoriser les produits maison et de mieux surveiller les acquisitions des enseignes de grande distribution.

Elle prévoit également de publier un rapport incluant des recommandations de choix pour les fabricants. Dans cette étude, elle reviendra sur le fait que ce n’est pas seulement le prix des audioprothèse qui pose problème, mais aussi le coût des prestations qui y sont associées. L’Autorité de la concurrence devrait également proposer des solutions qui permettraient de changer la donne. Un système de forfait a été énoncé et sera proposé au moment de l’acquisition de l’appareil, cela permettrait de réduire le reste à payer.

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