Éliminer le sur-risque de dépendance grâce à l’appareillage

hélène amieva

La 18e édition du congrès des audioprothésistes qui s’est tenu le 18 au 20 mars dernier a permis de mettre en exergue les résultats des études réalisées par le Pr Hélène Amieva portant sur l’impact des troubles de l’audition et l’importance de la prise en charge chez les personnes âgées.

L’utilité d’une prise en charge audioprothétique

Les résultats d’anciennes études ont permis de noter que les troubles auditifs étaient source de dépression, de démence et surtout de dépendance chez les personnes âgées. Il s’avèrerait toutefois que le risque est réduit de manière assez conséquente grâce à l’appareillage. Il convient de rappeler que l’apparition des troubles de l’audition augmente avec l’âge et est surtout notée auprès des personnes âgées de 65 ans et plus.

Soucieux de ce constat, le Pr Amieva a choisi d’axer le sujet de son étude sur les quatre dimensions du vieillissement à savoir la dépression qui concerne 20 % des personnes âgées ; la démence qui concerne 10 % des plus de 65 ans et 20 % des 80 ans et plus ; la dépendance ainsi que le décès. Pour évaluer efficacement l’impact des troubles auditifs et de leur prise en charge sur chacune des quatre dimensions du vieillissement, le Pr Amieva a choisi de réaliser son enquête auprès de 3700 personnes âgées de 65 ans à 75 ans.

L’évaluation des risques en trois points

Lors de son étude, le Pr Amieva a pu constater que 5 % des personnes interrogées ne souffraient pas de troubles auditifs et ne portaient pas d’appareil auditif, 32 % d’entre eux ont affirmé souffrir de troubles auditifs, mais ne portaient pas d’appareils auditifs et enfin, 63 % des enquêtés ont déclaré ne pas avoir besoin de porter d’aides auditives, car ils n’affichaient aucun symptôme de troubles auditifs. Il semblerait cependant que les risques de démence augmenteraient de façon exponentielle chez les sujets âgés qui ne portent pas d’appareils auditifs alors qu’ils en présentent le besoin.

Pour mieux évaluer les risques et les niveaux de démence chez les patients, le Pr Amieva et son équipe se sont basés sur trois points. Ils se sont en premier lieu rendus au domicile des patients avec un psychologue afin de mieux évaluer les niveaux de démence. Une deuxième visite accompagnée d’un neurologue gériatre est ensuite programmée. Enfin, une équipe de neurologues et de gériatres vient valider le diagnostic des deux premiers professionnels.

Limiter la dépendance avec l’appareillage

Les résultats de l’enquête menée par le Pr Amieva et son équipe ont démontré que le risque de démence est surtout présent chez les personnes présentant des troubles auditifs et qui sont non appareillés. L’enquête et les recherches menées par l’équipe ont également démontré que l’appareillage permettait de réduire voire d’éliminer le sur-risque de dépendance. L’équipe a aussi remarqué qu’il y avait un lien entre les troubles auditifs et le risque de dépression chez les personnes non appareillées. Enfin, il apparait qu’il n’y a aucun rapport entre les troubles auditifs et les risques de décès chez les personnes appareillées et non appareillées. Ces résultats viennent notamment confirmer que l’appareillage est important, surtout chez les personnes âgées afin de limiter les risques de dépression ou de démence.

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