L’ouïe de la mouche Ormia ochracea mise à l’étude

mouche

Des chercheurs se sont rendu compte qu’une petite mouche du sud des États-Unis possédait une ouïe tellement fine qu’elle serait unique en son genre et permettrait de créer des appareils auditifs ultra-performants.  Elle ne discrimine aucun son et profite d’une qualité d’écoute inouïe, c’est d’ailleurs ce qui fait son unicité.

Les spécificités de l’ouïe de la mouche

Le Pr Andrew Mason, professeur de biologie à l’Université de Toronto, a entrepris des études sur l’ouïe de l’Ormia ochracea, une minuscule mouche jaune qui partage son habitat naturel  entre le sud des États-Unis et le Mexique. Réputée pour étant l’animal qui possède l’ouïe la plus fine du monde, cette mouche pond ses œufs dans le corps des crickets mâles  afin que ces derniers se nourrissent de leurs organes. Ce qui fait la spécificité de ces mouches, c’est que leurs oreilles sont placées assez haut, leur permettant ainsi de profiter d’une ouïe mille fois plus développée que n’importe quel autre animal.

Les résultats des recherches entreprises par le Pr Andrew Mason lui ont permis d’arriver à la conclusion que le mécanisme qui procure à la mouche ses facultés auditives étonnantes. L’on peut d’ailleurs dire que les oreilles de la mouche agissent comme des microphones directionnels miniaturisés. Le professeur estime d’ailleurs que la performance d’écoute des mouches peut être une bonne source d’inspiration pour l’élaboration de nouvelles solutions auditives aux caractéristiques uniques.

Un mécanisme étonnant

Le mécanisme d’écoute de la mouche est étonnant. Avec ses deux oreilles, l’Ormia ochracea peut entendre distinctement tous les bruits, ceci s’explique par le fait que les deux tympans de la mouche sont reliés entre eux par une sorte de joint rigide mais qui peut toutefois se plier au besoin. Lorsque le tympan vibre sous l’effet d’une onde sonore, l’autre s’ensuit et le millième de seconde dont a besoin le deuxième tympan pour s’activer permet à la mouche de mieux percevoir l’origine des sons.  Selon le Pr Andrew Mason, la manière dont la mouche peut localiser un bruit est tout simplement étonnante.

De nombreux ingénieurs penchent actuellement sur l’élaboration d’une solution reprenant les facultés étonnantes de la mouche. Ils ne savent cependant pas comment fait cette mouche pour reconnaitre de manière claire et nette le cri d’un tel ou d’un tel animal si distinctement parmi les nombreux bruits environnants. Les psycho-acousticiens appellent ce phénomène «l’effet cocktail party », ce qui permet de participer à une conversation, et ce, même dans un environnement bruyant. En effet, même si le système auditif traite l’ensemble des sons, il n’est pas rare qu’elle filtre les sons parasites afin de mettre en avant une conversation plus proche. Plus l’environnement est calme, moins les interférences se feront ressentir.

Les travaux d’Andrew Mason s’axent sur les capacités de la mouche et ses facultés à entendre clairement le bruit des animaux, même en milieu bruyant. Le système auditif de la mouche Ormia ochracea est extrêmement sensible et la présence des deux tympans ne devrait pas lui permettre de faire ainsi le tri dans les sons qu’elle perçoit, mais il semblerait qu’elle possède une ouïe directionnelle étonnante. Les recherches se poursuivent et l’équipe du Pr Mason espère trouver un indice dans les facultés de la mouche qui permettrait d’améliorer l’audition humaine ou du moins, de trouver des solutions à la perte progressive de l’ouïe.

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