Recommandations contre les décibels excessifs dans les concerts et les discothèques

Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) vient de publier vendredi dernier le 5 octobre 2013 un rapport sur les expositions aux niveaux sonores élevés dans la musique, il alerte le public contre les dangers causés par les décibels excessifs dans les concerts et discothèques. Le rapport qui avait été saisi le 30 août 2010 sur cette question par le ministère de la Santé (DGS) préconise notamment d’abaisser les niveaux sonores dans les lieux diffusant de la musique amplifiée comme les discothèques et les salles de concerts et même dans certains parcs d’attractions.

Des dommages auditifs permanents ou temporaires causés par les niveaux sonores élevés

Les concerts répétés et l’écoute trop prolongée ont de sérieuses conséquences sur l’audition des spectateurs, si ces derniers ne se protègent pas. Tout le monde connait les dangers de l’exposition fréquente à des volumes sonores élevés de musiques amplifiées qui peut avoir des effets irréversibles et permanents sur l’audition (perte auditive, traumatismes sonores) ou des effets « temporaires » (acouphènes ou fatigue auditive). Actuellement, entre 10 et 17% des Français souffrent de ces troubles appelés acouphènes qui se manifestent par des sifflements et des bourdonnements  pouvant aboutir à une hypersensibilité auditive accompagnée d’une véritable douleur en cas de bruit.

Le HCSP souligne que « des mesures réalisées en discothèque et lors de festivals en plein air ont montré des niveaux sonores élevés, avec une forte contribution de l’énergie sonore dans les basses fréquences, pour lesquelles des effets sanitaires sont suspectés ».

Le Haut conseil de la santé publique conseille de lancer des campagnes spécifiques pour les femmes enceintes afin de les avertir du danger que la musique trop forte fait encourir aux bébés, notamment au cours du dernier trimestre de grossesse durant lesquels l’appareil auditif se forme et où les risques deviennent plus importants. Même conseil pour le jeune public, pour qui  « une exposition importante des jeunes a été notée et des niveaux sonores élevés dans des parcs de loisirs et lors de divers spectacles ont été rapportés », selon le rapport.

Les mesures proposées pour lutter contre le niveau sonore

Afin de diminuer les troubles qui peuvent survenir suite à une exposition trop importante, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a émis des recommandations visant à lutter contre les dangers des niveaux sonores élevés.

1)Abaisser le niveau sonore moyen à 100 dB A

Actuellement en France, la réglementation impose aux « lieux diffusant de la musique amplifiée » de ne pas dépasser les 120 décibels pondérés A (dB A) en pic de volume, et ne pas franchir le niveau moyen sur 15 minutes de 105 dB A. Le HCSP prône une baisse de niveau sonore moyen sur 15 minutes à 100 dB A. Il prône une baisse du volume sonore moyen de cinq décibels.

 2)Mettre en place un système d’affichage en continu des niveaux sonores

Le HCSP recommande également d’équiper les établissements diffusant de la musique amplifiée d’un système « d’affichage en continu des niveaux sonores » en temps réel avec des informations fixes comme: « limites de risque : 91 dB/2 heures, 94 dB/1 heure, 100 dB/ 15 minutes, faites des pauses sonores» afin que le public « puisse connaître son niveau d’exposition et de risque potentiel ».

 3)Création des zones de récupération auditive

Le rapport préconise enfin l’installation de zone de récupération auditive ;  des salles acoustiquement protégées, avec des niveaux sonores réduits inférieurs à à 85 dB A devant représenter une surface d’au moins 10 % des surfaces du lieu de diffusion. Pour s’armer contre la musique trop forte, le HCSP souhaite également que des protections pour les oreilles telles que des bouchons d’oreilles en mousse soient fournies gratuitement à l’ensemble du public dans les boîtes de nuit et les salles de spectacle.

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