Un numerus clausus disponible dès la rentrée pour les écoles d’audioprothèse

numerus clausus

On l’a attendu pendant des mois, l’arrêté qui fixe le numerus clausus pour la formation d’audioprothésiste est enfin officiel depuis sa parution au journal officiel le 19 aout dernier. Pour rappel, il vient fixer le nombre d’étudiants autorisés à entrer en première année de formation à la prochaine rentrée.

L’arrêté a enfin été publié

L’arrêté du 15 juillet 2015 fixe le nombre d’étudiants admis en première année d’études préparatoires au diplôme d’État d’audioprothésiste pour chacune des sept écoles définies pour l’année scolaire 2015-2016. Ainsi, les étudiants pourront d’ores et déjà savoir s’ils pourront assister aux formations en salle prévues pour la rentrée 2015.

Lionel Collet, ancien directeur de cabinet de Geneviève Fioraso et ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de 2012 à 2013 ont notamment participé à la mise en place du numerus clausus et se dit ravi que l’arrêté public a enfin été fixé. Il pense que cela devrait booster la formation et permettre aux écoles de mieux organiser leur rentrée.

Des écoles pilotes pour le nouveau programme

Il convient de rappeler que la profession a longtemps refusé de mettre en place l’arrêté, mais il semblerait qu’elle ait fini par changer sa perception des choses. D’après Lionel Collet, l’instauration du numerus clausus devrait permettre de mieux tenir compte des besoins en termes de santé publique des écoles, mais aussi de leurs capacités d’accueil.

L’école de Lyon sera la première à bénéficier des changements puisqu’elle a une capacité d’accueil de 45 étudiants. Les écoles de Toulouse-Cahors et de Bordeaux accueilleront respectivement 15 étudiants chacune. Plus concrètement, 199 étudiants vont participer à la première année de formation prévue pour la rentrée 2015. On note alors une nette progression des statistiques puisqu’en 2012, seuls 168 étudiants ont été admis en première année à la rentrée et a été répartis dans 5 écoles françaises.

Les quotas mis en place par le gouvernement

Les quotas mis en place par le gouvernement ne sont pas restrictifs et respectent les capacités d’accueil des écoles déjà existantes. Pour entrer plus en détail, l’école de Lyon accueillera 45 étudiants tandis que celle de Montpellier en accueillera 40. L’école de Rennes-Fougères accueillera 30 étudiants tandis que Paris-Cnam en accueillera 30. Pour sa part, l’école de Nancy accueillera 24 étudiants tandis que les écoles de Toulouse-Cahors et de Bordeaux en accueilleront respectivement 15.

Stéphane Laurent, à la fois du CNA et directeur de l’école Rennes-Fougères, accueille le nouveau programme avec une note positive. Tout comme Lionel Collet, il estime que les quotas définis par le gouvernement sont bénéfiques pour la qualité de la formation. Il convient de rappeler que le projet avait déjà été annoncé maintes fois sans qu’il n’ouvre sur une issue favorable. Les directeurs des écoles furent alors ravis d’être contactés par les ARS des régions concernées pour le dispatch des quotas et de découvrir que les quotas accordés à chaque école correspondaient à ce qu’elles avaient demandé.

Un système qui permet un contrôle qualitatif

Stéphane Laurent rajoute que le système de quota permettra également de booster la qualité de la formation. Par ailleurs, le directeur de l’école Rennes-Fougères a profité de l’occasion pour contredire la thèse selon laquelle la France manquerait d’audioprothésistes. Il estime en effet que comme c’est un domaine de soin, il est tout à fait déplacé de faire une analyse économique du secteur. Il pense également que l’offre de soin dans l’Hexagone est plus que correcte, que ce soit en termes qualitatif ou quantitatif. Il est notamment possible pour un malentendant d’avoir rapidement un rendez-vous pour un contrôle auditif ou pour un appareillage.

L’instauration du numerus clausus entre dans le cadre d’une restructuration de la formation puisque cette dernière devrait passer de 3 à 5 ans. La Grande Conférence Santé organisée sous l’égide du premier ministre Manuel Valls et avec la collaboration d’Anne-Marie Brocas et au professeur Lionel Collet devrait permettre quant à elle de définir les lignes directives à suivre par la suite.

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